/ Bon à savoir : 6 mois… Ça m’a pris 6 putains de mois pour venir à bout du dernier titre de From Software… Pas simplement parce que le jeu est difficile mais aussi parce qu’il ne m’a aussi bien accroché que n’importe lequel des Souls. Au final, je suis assez content de pouvoir parler de Bloodborne après 6 mois, j’ai pris beaucoup de recul par rapport à ce jeu et si j’avais dû vous en parler après 6 semaines mon sentiment aurait clairement été différent… (Jeu génial, tout est nickel, j’adore, meilleur jeu du monde…ce genre d’avis quoi) Pour ma part, l’exclusivité de Sony est quelque peu surcotée. [En écrivant cet avis je me suis rendu compte que je parlais beaucoup des Souls, et je vais avoir tendance à beaucoup comparer Bloodborne aux anciens jeux From Software. Je reconnais que c’est une erreur mais c’est ma vision de ce jeu… et puis il a souvent été présenté comme le digne successeur de Demon’s Souls du coup je ne vais pas me priver pour encorner un peu cette image]. /

Avant de commencer : Au moment où j’écris ces lignes, Bloodborne est sur le point de me dévoiler ses secrets… enfin non les secrets je les découvrirai en fouillant sur internet… comme d’hab. (Comprendre qu’il me reste simplement les deux derniers Boss à combattre). Aventuriers vous êtes prévenus, Bloodborne n’est pas un Souls. S’il emprunte certains mécanismes, le jeu est fondamentale différent ; que ce soit au niveau de l’univers qu’au niveau du gameplay… J’y reviendrais plus tard. La première chose que je me suis dis quand j’ai commencé Bloodborne c’est qu’un Dark Souls III allait voir le jour, tellement les jeux étaient différents. Trêve de bavardages inutiles… Allons à Yharnam et rentrons dans le vif du sujet… Bloodborne, j’en pense quoi ?

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Ça donne envie d’y passer ses vacances !

Bloodborne, j’aime !

L’univers gothique / steam punk / Londres victorien du jeu est tout simplement génial. L’ambiance que dégage chacune des zones du jeu est vraiment pesante et voir parfois malsaine. La nuit qui tombe petit à petit sur Yharnam aide bien évidement à accroître ce sentiment. Le bestiaire n’est pas en reste et propose une multitude de monstres qui tenteront de vous barrer le chemin. Cependant s’il est extrêmement cohérent avec l’univers (qui n’est pas s’en rappeler celui de Van Helsing) pendant la première moitié du jeu, je dois avouer que j’ai été un peu déçu de voir apparaître des petits hommes bleus faisant penser a des extraterrestres, ou des cerveaux sur pattes… Nous avons donc ici la première grosse différence avec les Souls qui proposent un univers et un bestiaire Dark Fantasy (voir Heroic Fantasy pour Dark Souls II).

La direction artistique est une fois de plus bluffante… Les panoramas qu’offre le jeu sont splendides et je me suis arrêté des dizaines et dizaines de fois pour prendre une photo de mon perso avec la pleine lune ou un magnifique château en arrière plan. Le niveau de détails dont ont fait preuve les développeurs est vraiment remarquable ; et pour une fois (enfin deux avec Dark Souls II Scholar of the First Sin) nous avons un jeu à la fois beau graphiquement qui tourne bien et une direction artistique au top.

Le Level Design est aussi d’une cohérence exceptionnelle. Certes on se retrouve ici dans des zones clauses mais tous les ingénieux raccourcis que l’on peut y trouver nous montre à quel point, la construction des niveaux à été réfléchie. On a ici une sorte de mixte entre Demon’s Souls (avec un hub central permettant de se rendre dans les différents niveaux) et Dark Souls (avec sous monde ouvert extrêmement cohérent).

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Bloodborne, j’aime moins !

Le gameplay, très différent de ce que proposent les Souls, ne m’a pas totalement convaincu. Si au départ l’idée de rendre le jeu beaucoup plus nerveux en incitant le joueur a attaquer plutôt qu’à défendre est louable et pertinente pour permettre à Bloodborne de s’imposer comme une licence à part entière en non un descendant des Souls… au final ça déséquilibre un peu le jeu… Inciter le joueur a rester mobile au maximum c’est bien. Seulement c’est difficile quand en face le Boss prend la moitié de l’écran et qu’il a une HITBOX cheatée, ou quand les ennemis sont 4 ou 5 autour de vous. Esquiver et contre-attaquer voilà comment devrait se passer les combats. Simplement les fenêtres d’esquives sont bien trop courtes, le timing demandé est beaucoup trop précis. L’esquive était aussi une solution dans Dark Souls mais la fenêtre était plus large… Enfin, parlons la régénération de vie… Le principe est simple. Quand vous vous faites toucher, vous avez un laps de temps (assez court) pour regagner de la vie en attaquant les ennemis. Toujours dans l’idée de pousser le joueur a attaquer et non à défendre… Ça pose encore une fois un problème dans la mesure où d’une les ennemis peuvent faire extrêmement mal (vu que l’idée est de pouvoir récupérer de la vie) et de deux, la vie regagner est vraiment minime. Dans le cas où un ennemi que vous pouvez tuer en un coup vous touchent et vous enlève un quart de votre barre de vie, vous ne regagner presque rien… Encore une fois Dark Souls était plus équilibré de ce côté puisque, en général, une fois que vous étiez assez puissant pour one shot un ennemi celui ci ne vous faisait quasi plus de dégâts… Bref je trouve le gameplay un peu déséquilibré.

Le manque de personnalisation. (Ce point est totalement subjectif et pourrait très bien être un point fort du jeu… C’est juste que je n’adhère pas). Les Souls ont toujours proposées un grand nombre d’armes et d’armures (en gros, plus d’une cinquantaine de chaque). Cela permet au joueur de tester plusieurs types d’armes et de construire un perso en fonction des attributs demander… Ça lui permet aussi de donner un look à son perso selon ses propres goûts. Dans Bloodborne le nombre d’armes est limité (une dizaine) et les armures ont vocation à être équipe en fonction de la situation. C’est franchement dommage car cela limite quelques peu les Builds possibles, alors que c’était la force des jeux précédents.

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Ce problème de manque d’équipement va me permettre de rebondir sur un autre problème, la rejouabilité. Force des anciens jeux From Software, qui proposaient une durée de vie colossale grâce une rejouabilité impressionnante. D’abord grâce une augmentation de la difficulté et du challenge mais aussi grâce aux innombrables possibilités de Builds qui nous poussaient à refaire le jeu en repensant l’évolution de notre avatar.  Dans Bloodborne, les possibilités de Builds étant plutôt limité (du moins c’est l’impression que me donne le jeu), seule la recherche de challenge peut nous inciter à refaire le jeu… Seulement je le trouve suffisamment difficile et chiant en New Game pour ne pas avoir envie de recommencer une partie ou je vais en baver encore plus.

Dernier point sur lequel je suis quelque peu déçu, ce sont les Boss. Mis à part 3 ou 4 Boss plutôt réussi, le reste n’est qu’une succession de monstres énormes et difformes tous plus laid les uns que les autres et ne dégageant aucune classe… Une fois de plus loin de ce que propose un Souls.

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Bloodborne, je n’aime pas !

L’absence de scénario… Alors oui, je sais qu’il existe et qu’il suffit de fouiller un peu… Mais auparavant on avait quand même un morceau de background pour donner du sens à l’aventure… Là c’est vide… On enchaîne des zones et des Boss sans s’avoir ni comment, ni qui, ni pourquoi. Juste des fois tu entends parler de l’église du remède et de la thérapie du sang, à un autre moment de la chasse… Mais c’est tout et putain c’est très chiant de faire des choses sans vraiment comprendre pourquoi. Preuve que le scénario n’a ni queue ni tête la majorité des zones sont optionnelles… Comment comprendre quoi que ce soit à l’histoire si le jeu ne dévoile que 5% du background.

Les donjons calices… un jeu dans le jeu. C’est une partie à laquelle je n’adhère pas mais qui pourrait très bien plaire à d’autres joueurs. Ces donjons seront un peu le « haut level » de Bloodborne. C’est une chose que l’on n’avait pas auparavant. Pour la majeure partie, ils sont générés aléatoirement à partir d’éléments pré-construits (on retrouvera donc souvent des décors similaire d’un donjon à l’autre). Deux problèmes font que je n’adhère absolument pas. D’abord les objets à trouver pour générer ces donjons sont assez chiant à récupérer. Les premiers sont ultra faciles à chopper alors que d’autres demanderont de farmer encore et encore les différents étages de ces mêmes donjons. Quand tu viens de passer  des heures sur la trame principale et qu’on te demande de farmer des objets… Clairement, ça fait chier… Ensuite le gap de difficulté est juste « badant ». Pour faire simple les niveaux (de difficulté) des donjons calices vont de 1 à 5. Il y a une augmentation significative de la difficulté dès le troisième niveau (au niveau 120 j’en chie). Alors quand, j’apprends que le niveau 4 m’opposera à des ennemis encore plus puissants et quand plus sans pression, ma barre de vie sera divisée par deux… je dis stop.

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Pour conclure : Sur exposé, profitant d’une campagne de promotion sans faille et s’appuyant sur réputation des Souls, Bloodborne est arrivé en terrain conquit, sans même avoir prouvé quoi que ce soit… Si vous avez là un très bon jeu, avec un univers génial, une direction artistique de folie, le gameplay quelque peu déséquilibré, la difficulté parfois absurde (et du coup frustrante) et le manque d’éléments de scénario viennent gâcher l’expérience et de jeu… Non ce n’est pas le digne successeur Demon’s Souls (on est en très loin) et non il n’est absolument pas moins « Hardcore » que Dark Souls (à coté  de Bloodborne, Dark Souls c’est un milk-shake Vanille Oréo qui passe tout seul). Je suis déçu, car une fois l’euphorie des premiers jours de jeu passée et avec du recul on se rend bien compte que Bloodborne est un très bon jeu mais qui n’atteint pas (encore) le niveau d’excellence d’un Souls.